Veiller sur le joyau de Ngaliema

BRAZAVILLE, le 17 mai 2017- Il fut un temps où l’inquiétude était le sentiment le mieux partagé par les habitants de Ngaliema, lorsque grondait le ciel sous la menace d’une pluie torrentielle. Les trombes d’eaux qui se déversaient alors sur le sol éventraient la terre, inondaient le quartier, emportant même des habitations, avant de poursuivre leur course vers la rivière M’filou. Martine Kifoula se souvient : « Partout ici, il y avait des maisons, explique-t-elle avec un grand geste du bras, elles ont toutes été emportées par l’érosion ». À côté d’elle, Ismaël Batamio, un autre habitant, confirme et s’exclame « Nous en perdions le sommeil ! Nous étions obligés de fabriquer des digues artisanales avec des sacs de sable que nous entassions autour des parcelles et des maisons pour les protéger. C’était vraiment difficile ! ». Mais tout cela, c’est désormais du passé. Ismaël Batamio et Martine Kifoula, l’un couturier, l’autre commerçante, sont tous deux membres de l’Association des riverains de l’érosion de l’école Joseph Ngaliema (AREJNG) située à Massina, un quartier de Mfilou, l’arrondissement 7 de Brazzaville. Ismaël en est le président et Martine, la secrétaire chargée de l’enregistrement des nouveaux membres. L’association est née en 2012 après l’inauguration de l’ouvrage de protection contre l’érosion réalisé par le Projet eau, électricité et développement urbain (PEEDU), cofinancé par le gouvernement et la Banque mondiale. Le but de l’association est simple, assurer l’entretien de l’ouvrage qui leur permet de préserver leurs maisons et leur quartier. « C’est notre fierté, explique Ismael Batamio. La municipalité a construit beaucoup d’ouvrages dans de nombreux quartiers mais ils sont souvent négligés par les habitants qui sont pourtant les premiers à en profiter. Nous, à Mfilou, nous avons pris les choses en mains. L’État et la Banque mondiale ont investi beaucoup d’argent dans cet ouvrage qui nous protège des effets des intempéries, nous ne pouvons pas nous permettre de ne pas nous en occuper ». Dès sa création, les responsables de l’association ont décidé de sensibiliser les habitants, notamment les jeunes, du quartier Massina et de la zone de l’école primaire Joseph Ngaliema, jadis victimes récurrentes de l’érosion, sur la nécessité de préserver cet ouvrage. Le plus grand danger était que les habitants les plus démunis de ce quartier populaire ne soient tentées de récupérer les matériaux de construction tel que les pierres des gabions et le grillage métallique pour bâtir leurs propres maisons. Mais cinq ans après sa construction, « Aucune pierre n’a été volée et le grillage est intact », assure avec satisfaction Ismaël Batamio. L’association compte une trentaine de membres, habitant pour la plupart le long du collecteur de la zone de Ngaliema. Ils se relaient deux fois dans la semaine, tôt le matin et pendant une heure avant que chacun n’aille vaquer à ses occupations professionnelles, pour inspecter l’ouvrage et désherber en cas de besoin. À sa création, l’association a reçu du PEEDU des uniformes de travail et du matériel aratoire. « Quelques fois, ce ne sont pas seulement les membres de l’association qui viennent travailler, mais c’est tout le quartier qui se mobilise, hommes, femmes, enfants et vieillards, pour l’assainissement parce que chacun comprend l’importance de ce que nous faisons », soutient Ismaël Batamio. Pour Iverlan Loumouamou par exemple, jeune maçon carreleur, il est important de s’associer aux activités d’entretient et de nettoyage de l’association pour montrer l’exemple aux autres jeunes du quartier. Mais pour Verde Nguimbi, jeune fille mère de 26 ans vivant aux abords du collecteur, la motivation est toute autre : « J’ai une fille qui a aujourd’hui quelques mois », explique-t-elle. « Je veux que l’ouvrage tienne le plus longtemps possible afin qu’elle puisse vivre et grandir en toute sécurité dans ce quartier ». Aujourd’hui, les grondements du ciel et la menace de pluies ne troublent plus la quiétude ni le sommeil des habitants de Ngaliema. Achevé en juin 2012, l’ouvrage de protection et de préservation des sites en proie à l’érosion a été réalisé avec l’appui du Projet eau, électricité et développement urbain (PEEDU) et financé à hauteur de 794, 8 millions de francs CFA (environ 1,3 million de dollars). Il constitue l’un des plus importants ouvrages réalisés à ce jour par ce projet. Les travaux ont duré onze mois, mobilisé 8 562 ouvriers permanents et saisonniers et contribué à sécuriser les maisons de 40 000 habitants, ainsi que les bâtiments de l’école primaire, la seule école publique du quartier. Plus largement, le Projet eau, électricité et développement urbain (PEEDU) est mis en œuvre depuis octobre 2010, et financé à hauteur de 275,5 millions de dollars dont 190 millions de dollars provenant du gouvernement congolais et 85,5 millions de dollars de la Banque mondiale. Il vise à accroître l’accès durable des habitants des zones ciblées de Brazzaville et de Pointe-Noire, aux infrastructures de base et au service public d’eau potable et d’électricité. Il a notamment permis de construire un nouveau réseau de 230 km d’adduction d’eau, et de raccorder 27 600 usagers au réseau d’eau potable à Brazzaville et Pointe-Noire, avec l’installation de compteurs à la consommation. Il a également réalisé 32 km de voirie urbaine, et protégé 6000 m2 contre l’érosion. Ce projet devrait s’achever en décembre 2019.

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